L’ONG internationale Disability Rights International allègue des pratiques de torture contre les enfants atteints de troubles du spectre autistique en France
Disability Rights International (ONG Internationale pour les Droits des personnes handicapées) est une organisation à but non lucratif qui mène des enquêtes sur l’institutionnalisation des adultes et des enfants souffrant de handicaps mentaux et physiques, documente et expose les violations des droits de l’homme qui sont commises à leur encontre.
L’ONG publie le 23 février 2012 une déclaration alléguant des pratiques de torture contre les enfants atteints de troubles du spectre autistique en France, à lire traduit ci-dessous :
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Disability Rights International allègue des pratiques de torture contre les enfants atteints de troubles du spectre autistique en France
Washington, DC – Février 23, 2012 – Disability Rights International (DRI) appelle le gouvernement français à mettre fin à la pratique barbare et archaïque du packing – un « traitement » que l’on applique aux enfants atteints d’autisme – et aux enfants atteints de psychose – traités dans les établissements psychiatriques et éducatifs gérés par le Ministère français de la Santé partout en France.
Le packing humide consiste à envelopper tout le corps de l’enfant, soit nu, soit vêtu de sous-vêtements, dans des linges ou des serviettes réfrigérées avec seulement la tête libre, rendant impossible tout mouvement de l’enfant. Les enfants sont maintenus dans cette situation pendant près d’une heure. Généralement, les séances d’emballage sont répétées plusieurs fois par semaine et peuvent persister pendant des mois, parfois sans le consentement des parents. Malgré l’absence de preuves scientifiques étayant leurs revendications, les thérapeutes font valoir que le packing renforce la thérapie par la parole dans un effort de « guérison » de l’enfant de sa « maladie ».
Le packing humide – comme la saignée et la lobotomie, induisant des crises d’épilepsie et des comas – ont été utilisés dans les hôpitaux psychiatriques à travers les Etats Unis et l’Europe pour guérir la «folie» jusqu’au milieu du 20e siècle.
« Cette cruauté perpétrée contre des enfants forcés d’endurer une telle procédure est une violence psychologique et physique, au nom du traitement, et constitue une violation des droits humains fondamentaux », a déclaré Laurie Ahern, présidente de DRI.
« La Convention des Nations Unies contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, qui a été ratifiée par la France, interdit la torture sans exception – même si elle a lieu dans un établissement scolaire ou médical et est justifiée par les autorités comme une forme de traitement » , a déclaré Ahern.
Et selon l’ancien Rapporteur spécial des Nations Unies sur la torture, Manfred Nowak, «en montrant que les violences et les abus perpétrés contre les personnes handicapées sont une forme de torture et de mauvais traitements, les victimes et leurs avocats ont accès à une meilleure protection juridique et à des réparations pour les violations des droits humains. »
Pour signer la pétition pour mettre fin à cette pratique barbare, cliquez ici.
Disability Rights International a travaillé pendant les 20 dernières années pour dénoncer les abus et protéger les droits de l’homme des personnes handicapées à travers le monde. En 2009, DRI a présenté un appel urgent au Rapporteur spécial des Nations Unies sur la torture concernant l’utilisation de chocs électriques douloureux dans le traitement sur d’enfants handicapés, y compris dans l’autisme, dans une école américaine de l’État du Massachusetts. Suite à la déclaration du Rapporteur reconnaissant que les pratiques de l’établissement étaient de la torture, l’état a dû réviser ses directives pour interdire un choc électrique pour tous les futurs élèves. Pour plus d’informations, cliquez ici.
Article d’origine (en anglais) : http://www.disabilityrightsintl.org/
Aller plus loin : - http://www.mdri.org/laurie-ahern.html
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Pour rappel, en France en 1998 :
La chambre criminelle de la Cour de Cassation, dans un arrêt du 2 décembre 1998 (n° 97-84.937) a déclaré que les sanctions infligées à de jeunes pensionnaires autistes par le personnel éducatif d’une institution spécialisée, notamment l’administration de douche froide, ne pouvaient être considérés comme des mesures éducatives mais constituaient des traitements dégradants imposés à des êtres humains (décision rendue au visa des articles 222-13 et 222-14 du code pénal relatifs aux violences).