Trois publications récentes montrent l’avancée des travaux sur la fabrication de cellules souches utilisables sur le plan clinique et nous éclairent sur les éléments qui pourraient permettre leur utilisation dans le cadre de l’autisme.

La déprogrammation d’une cellule différenciée en une cellule souche a été réalisée pour la première fois en 2006. Ces « cellules pluripotentes induites » ont la capacité de

se transformer en n’importe quelles cellules de l’organisme.

Le problème rencontré pour les applications thérapeutiques est qu’il est difficile de les obtenir en grand nombre et qu’elles doivent être totalement déprogrammées.

L’équipe du généticien Marcel Méchali, directeur de recherche à l’institut de génétique humaine de Montpellier, du CNRS et membre de l’Académie des sciences, vient de publier des travaux (1) qui laissent à penser qu’un grand pas vient d’être franchi dans la résolution de ces problèmes.

Les chercheurs ont prélevé des cellules différenciées du tissu conjonctif de souris, les fibroblastes, et les ont trempées dans un extrait d’œuf de xénope, une sorte de grenouille africaine. À ce contact, ils ont constaté que ces cellules différenciées acquéraient les caractéristiques de cellules souches.

Les cellules obtenues n’étant pas assez stables, ils ont utilisé en complément un procédé connu depuis 2006 et qui consiste, dans le même but, à injecter un ensemble de quatre gènes dans des cellules différenciées. Ils ont ainsi obtenu

des cellules souches beaucoup plus stables et en beaucoup plus grand nombre.

Pour vérifier que ces cellules souches étaient bien capables de se spécialiser en une cellule d’un type particulier, ils ont réimplanté des cellules souches issues de souris noires dans des souris blanches. Et ils ont obtenu des souris au pelage noir et blanc et même quelques souris entièrement noires, ce qui prouve que certaines des cellules injectées se sont différenciées en cellules sexuelles.

La seconde étude (2) qui concerne les travaux de l’équipe du professeur Marius Wernig est d’une autre nature et permet d’espérer des

applications médicales encore plus proches dans la régénération de parties endommagées du cerveau.

En effet, ces chercheurs ont transformé des cellules de la peau directement en précurseurs neuronaux, sans passer par l’intermédiaire des cellules souches. L’évolution de ces précurseurs a permis d’obtenir les trois types de cellules qui constituent le cerveau : les neurones, les astrocytes et les oligodendrocytes.

Comme on le voit, ces deux études utilisent encore le principe de la recherche animale. Beaucoup de chemin reste à parcourir pour en arriver à un traitement utilisable sur l’homme.

La troisième étude (3) a consisté à étudier une forme d’autisme extrêmement rare, le syndrome de Timothy, afin de recueillir des indices sur les mécanismes qui sont liés aux formes les plus courantes d’autisme. Le syndrome de Timothy est extrêmement rare, on en a décrit moins de 20 cas dans le monde dont 10 sont décédés, mais contrairement à la plupart des formes d’autisme, cette maladie est causée par

une mutation génétique unique,

ce qui a énormément simplifié la tâche pour

identifier les mécanismes qui sont en cause dans l’autisme.

Les chercheurs ont ainsi constaté des

changements dans la composition des cellules du cortex,

ainsi que dans les neurones qui sécrètent la norépinephrine et la dopamine. Il semble aussi que

les neurones qui assurent les connexions entre les deux hémisphères du cerveau soient en nombre insuffisant.

On constate donc que la connaissance progresse et que les perspectives qu’ouvrent ces recherches devraient déboucher dans un futur, pas forcément si lointain, vers des traitements concrets.

(1) Méchali M et al. « Synergic reprogramming of mammalian cells by combined exposure to mitotic Xenopus egg extracts and transcription factors », Proc Natl Acad Sci U S A. 2011 Sept 09.
(2) Wernig M et al. « Direct conversion of mouse fibroblasts to self-renewing, tripotent neural precursor cells. Proc Natl Acad Sci USA. 2012 Jan 30.
(3) Dolmetsch et all. « Using iPS cellderived neurons to uncover cellular phenotypes associated with Timothy Syndrome ». Nature Medicine November 27, 2011 (2011)doi :10.1038/nm.2576

Mis en ligne le 4 novembre 2012 par Jean Brissonnet* – SPS n°300, avril 2012

* Jean Brissonnet est physicien appliqué – Il est le créateur du site www.pseudo-medecines.org.

Source : http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article1889

Leave a Reply





*


huit × = 32

Featuring Recent Posts WordPress Widget development by YD