Ce mardi 2 avril 2013 est la journée mondiale de l’autisme. En France une personne sur 100 est atteinte de ce trouble. A 30 ans, le comédien Hugo Horiot a surmonté le syndrome d’Asperger, l’une des nombreuses formes de l’autisme. Il se raconte dans « L’empereur, c’est moi » (1), aux éditions L’Iconoclaste.

Hugo Horiot est comédien, réalisateur, producteur, monteur et écrivain. Rien, même dans son livre où le mot «  autisme  » n’apparaît jamais, ne montre qu’il a été un enfant autiste, atteint du syndrome d’Asperger. « Cela ne m’intéresse pas de faire un livre sur l’autisme, c’est une histoire sur la différence, sur l’exclusion. C’est un livre où de nombreuses personnes peuvent se retrouver. L’autisme est comme un décor, on ne le voit pas, on ne le nomme pas, mais il est présent. »

La transformation

A l’origine, Hugo Horiot se prénomme Julien, mais à l’âge de six ans il décide de changer de nom. Devant les efforts faits par sa mère pour le sortir de « cette tour infernale », il se dit que cela doit en valoir la peine. « A ce moment-là, je lui dis : Julien est mort, il est enterré dans la terre noire, je veux un autre nom. » Sa mère lui propose Hugo, il accepte. « A partir de là j’ai commencé à dire oui. »

La scolarité

Hugo Horiot a été scolarisé comme les autres enfants. Il a beaucoup souffert de sa différence.

« L’école n’est pas du tout adaptée pour recevoir des personnes en situation de handicap. C’est un problème d’ordre discriminatoire.

La France est très en retard là-dessus. En Europe, 100% des enfants autistes sont scolarisés. En France, moins de 20%. »

Le gouvernement propose aujourd’hui des classes spécialisées en maternelle.  »

Ce qui est important c’est d’accompagner les enfants avec handicap, de les inclure dans la scolarité.

Pour cela il faut créer des AVS (assistants de vie scolaire), qui s’effacent petit à petit pour que ces personnes aient accès à l’autonomie. »

Les institutions

« Si j’avais été interné j’aurais coûté aujourd’hui plus de huit millions d’euros aux contribuables.

Je tiens à saluer toutes les familles qui se battent pour retirer leurs enfants des griffes de l’institution qui les tue.

Ces familles pour tout l’argent qu’elles font économiser aux contribuables mériteraient la légion d’honneur. Il est urgent que François Hollande cesse d’être un président normal et se décide à être un grand président en prenant à bras le corps ce chantier. »

La méthode psychanalytique mise en cause

Pour traiter l’autisme, la méthode psychanalytique reste dominante. Pourtant, selon Hugo Horiot, elle « n’a aucune prise sur l’autisme. La psychanalyse c’est une thérapie basée sur la communication entre le patient et son thérapeute.

Un sujet autiste étant privé de toute communication avec le monde, je ne vois pas en quoi la psychanalyse peut-être opérante sur lui« .

Enfant, le comédien savait parler, mais s’y refusait.

Il ne voulait pas venir dans ce monde dont il ne comprenait pas les codes et dont « l’absurdité » lui faisait peur.

« Je voulais retourner de là où je venais. »

(1)  http://www.editions-iconoclaste.fr/

Source : http://www.franceinfo.fr/societe/les-choix-de-france-info/hugo-horiot-938117-2013-04-02

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